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Les Celtes

La civilisation celtique, qui est née vers 1 200 avant J.-C., s’est épanouie entre le 5e siècle avant J.-C. et le 1er siècle de notre ère.  Pendant ces cinq siècles, les Celtes ont été maîtres d’une grande partie de l’Europe ancienne depuis l’Irlande jusqu’à la Turquie.  Les invasions des Germains puis l’expansion des Romains, avec Jules César qui constitue un vaste empire, mettent fin à la grandeur de la civilisation celte en Europe.  La Gaule se rend d'abord, suivie de près par le sud des îles britanniques. Cependant, en Écosse, les Pictes résistent aux Romains et leur pays demeure libre.  De plus, les Romains ne réussissent pas à conquérir les Celtes d'Irlande où leur culture a longtemps été préservée. Les Celtes sont les ancêtres des Écossais, des Irlandais et des Anglais dont certains ont immigré au Canada, au 19e siècle, entre autres à Inverness, dans le comté de Mégantic.


La société
Contrairement à d’autres peuples, à la même époque, la démocratie régnait parmi les Celtes : homme et femme avaient le droit de s’exprimer. La société celte étant très égalitaire, les femmes étaient tout aussi habiles que les hommes dans des domaines aussi divers que le commerce ou la politique. Elles pouvaient participer aux décisions concernant les actes de paix et de guerre, posséder leur propre bien et exercer une profession.  Une femme pouvait même devenir druide, reine ou guerrière.  Selon des légendes, dans certaines tribus, il y avait plusieurs guerrières. La société celtique était divisée en trois classes soit la classe sacerdotale, la classe des guerriers et la classe productrice.
La classe sacerdotale était formée des druides qui comprenaient les bardes (musiciens, poètes, mémorialistes) et les ovates (devins, sacrificateurs).  Les individus, destinés à devenir druides, étaient choisis à un très jeune âge car il fallait un minimum de vingt ans d’étude et d’entraînement pour devenir druide.  Le candidat devait démontrer plusieurs aptitudes car le druide était celui qui reliait le monde des dieux au monde des hommes.  Il remplissait aussi de nombreuses fonctions dont celles d’astrologue, de mathématicien, d’herboriste, d’oracle, de barde, d’historien, de juge, de diplomate, d’architecte et de médecin.  Bref, il était le gardien du savoir, de la sagesse, de la science, de l’histoire et un maître de la magie.  Les druides des différentes tribus se rassemblaient dans des lieux sacrés pour échanger entre eux ; ce qui a assuré une certaine unité entre les diverses tribus celtes.
La classe des guerriers était composée de rois ou de princes, des guerriers eux-mêmes et des forgerons, considérés comme des artisans de guerre puisqu’ils fabriquaient les armes.  Selon les témoignages, même ceux de leurs ennemis, les Celtes étaient terrifiants au combat, ils démontraient un courage extrême ainsi qu’une intrépidité née d’une évidente indifférence face à la mort. Le statut de roi ou de prince s’acquérait rarement de père en fils, mais plutôt à la suite d’une élection parmi la classe guerrière.  Le roi devait suivre les recommandations du druide et pouvait être destitué de sa fonction s’il prenait une mauvaise décision pour son peuple.
La classe productrice comprenait le peuple libre, principalement des agriculteurs, des éleveurs et des artisans ainsi que des serviteurs.  Les esclaves étaient des captifs de guerre ou des individus qui devaient réparer un crime.


La culture matérielle et les techniques
Les Celtes étaient des experts dans le traitement du bois, des métaux, des textiles, du verre et du cuir. Ils étaient aussi d’excellents agriculteurs qui utilisaient, bien avant les Romains, des engrais pour enrichir le sol où ils cultivaient de l’épeautre, du blé, du chanvre, de l’orge, du millet, de l’avoine, du lin, du pavot, des pois, des lentilles et des carottes. Ils ont inventé la charrue à socs métalliques, la faux  et la faucille.  Ils faisaient l’élevage des vaches, des moutons, des chèvres et des porcs. Les Celtes étaient des tailleurs de pierre et des orfèvres sans pareil; l'art celtique est maintenant reconnu par tous pour son originalité et sa qualité remarquable.
Leurs habitations, de forme rectangulaire ou circulaire, étaient faites de bois et de terre glaise selon leur situation géographique. Les Celtes avaient une très bonne hygiène, ils utilisaient le savon et, lors de fouilles archéologiques, on a retrouvé des rasoirs, des ciseaux, des peignes, des miroirs et des bijoux.  Les Celtes appréciaient la vie. Les repas et la fête étaient des notions importantes chez eux et l'hospitalité était considérée comme une preuve de noblesse. Cette même hospitalité se rencontre encore de nos jours dans les Hautes-Terres écossaises.


Leur vision du monde
Les Celtes étaient très proches de la nature qu’ils respectaient sous toutes ses formes. Les arbres, comme le chêne, le gui, l’if, le pommier et le tilleul étaient des maîtres de sagesse puissants et pleins de savoir ainsi que les animaux (dragon, sanglier, cerf, aigle, ours, chien, cheval, taureau, lièvre, serpent, chouette, coq, cygne).  Leur religion était animiste, puisqu’ils attribuaient une âme aux choses et aux animaux, et polythéiste, car ils croyaient en l’existence de plusieurs dieux.  Dans une autre dimension, vivaient des elfes, des gnomes, des fées et d’autres créatures mythiques.
Ils ne connaissaient ni le purgatoire, ni l’enfer.  Leurs lieux de culte n’étaient pas situés dans des églises mais dans la forêt.  Au moment de son décès, un Celte devait voyager sur l’eau ou dans l’eau pour rejoindre l’autre monde, qui n’était pas si différent de celui qu’il venait de quitter, il y était seulement plus heureux, sans soucis.  Notons, que pour les Celtes un serment était sacré, ce que les Romains ont utilisé à leur avantage, car mère nature punirait sévèrement un Celte qui briserait sa promesse.

Tradition orale et écriture
La culture celte se transmettait oralement; l'histoire et les événements n'étaient donc pas écrits mais mémorisés.  Les bardes conservaient l’histoire orale et les traditions du peuple qu’ils transmettaient d’une génération à l’autre.  Par contre, les druides accordaient à une écriture particulière, nommée ogam, une fonction rituelle.  Cette écriture, formée de traits perpendiculaires ou obliques gravés sur des baguettes d’if, leur servait pendant les rituels de divination. Lors de leur expansion en Europe, les Celtes utilisaient l’écrit, soit le grec ou le romain, pour le commerce.  Les tatouages, qui avaient souvent des connotations de pouvoir et de magie, et les peintures de guerre existaient parmi les Celtes.  La dernière tribu qui les auraient utilisés seraient les Pictes. La langue celte était séparée en deux branches principales mais elle contenait plusieurs dialectes.

L’essor du christianisme n’a pas étouffé entièrement la culture celtique.  À la fin du Moyen Âge, ce sont des moines chrétiens qui ont transcrit leurs mythes et leurs légendes, dont les plus connues sont celles du roi Arthur, de Lancelot, de Merlin et de la table ronde.  La culture celtique est toujours bien vivante dans l’âme de bien des descendants des Celtes et amoureux de cette grandiose époque.

Les Abénakis

Les Abénakis ou Wabanakis - le peuple du levant ou les gens de l’Est - appartiennent à la grande famille linguistique algonquienne dont font également partie les Micmacs et les Malécites. Vers 1600, les Wabanakis occupent un vaste territoire qui s’étend depuis les provinces maritimes jusqu’à la Nouvelle-Angleterre. Ils habitent les états du Vermont, du New Hampshire, du Maine et une partie du Nouveau-Brunswick. On évalue à près de 26 000 la population totale des Abénakis à cette époque.

Leurs villages sont habituellement situés près des cours d’eau navigables et leur principal moyen de transport est le canot d’écorce de bouleau. Leur subsistance repose sur la chasse, la trappe, la cueillette de petits fruits et de noix, la pêche et l'horticulture. L’importance de la pêche et la part de la culture du maïs, des haricots et des courges dans leur alimentation varient selon l’environnement des communautés abénakises.

Dès le milieu du 17e siècle, les hostilités qui s'intensifient avec les Iroquois puis les conflits avec les Anglais des colonies de Nouvelle-Angleterre poussent plusieurs groupes abénakis hors de leurs territoires. Les Abénakis se tournent alors vers la colonie française pour y trouver des appuis afin de se défendre de l'accaparement de leurs terres par les colons anglais. Ils remontent vers le nord et se réfugient le long du fleuve Saint-Laurent.

Vers 1670, des Abénakis sont présents à Montréal, à Trois-Rivières et à la mission de Sillery, près de Québec.  Par la suite, plusieurs s’installent le long de la rivière Chaudière avant de se fixer à Saint-François (Odanak) et à Bécancour (Wôlinak) au début du 18e siècle. Ces deux établissements abénakis deviennent des lieux de refuge pour des centaines d’Abénakis délogés de leur territoire, qui continuent d’y affluer durant tout le 18e siècle. Les Abénakis représentent alors de précieux alliés pour les Français.

Au moment de la conquête de la Nouvelle-France, par les Britanniques en 1759, les Abénakis perdent leurs alliés français. Pendant la Révolution américaine, ou Guerre d'indépendance des États-Unis (1775-1783), et plus tard pendant la Guerre de 1812, les Britanniques sollicitent l'aide des autochtones, dont les Abénakis, contre les Américains. Tandis que plusieurs Abénakis de la Nouvelle-Angleterre s'allient aux Américains, les Abénakis du Bas-Canada se battent surtout du côté des Britanniques.

Les Abénakis et la colonisation des Cantons de l’Est

Après 1760, les autorités britanniques souhaitent voir le territoire se peupler rapidement d’Anglais, d’Écossais et d’Irlandais fidèles à la Couronne britannique.  Afin de préparer des terres pour accueillir les colons, on procède, en 1790, à l’arpentage et au découpage des terres des Cantons de l’Est.  On débute le long de la frontière américaine pour rejoindre le comté de Mégantic vers 1796.  Lors du cadastrage de ces terres, le major Jesse Pennoyer est assisté par un Abénaki nommé Francis Annance.

Quand les Écossais de l’île d'Arran s’établissent au lac Joseph, en 1829, un petit campement abénakis est installé sur la rive nord. La tradition rapporte que les Abénakis ont donné du poisson aux premiers arrivants.  Par la suite, ils continuent à pêcher au lac, vendant du poisson et des paniers aux colons. Il y a vraisemblablement eu un deuxième campement abénakis près des chutes Lysander.

Ces campements saisonniers étaient situés le long de la rivière Bécancour. À la fin du printemps, les Abénakis remontaient cette rivière à partir de leur mission de Bécancour (devenue plus tard la réserve de Wôlinak), faisaient du portage à la hauteur des chutes Lysander et continuaient leur périple à travers les lacs Joseph, William et à la Truite pour chasser, trapper et pêcher.

Avec l’ouverture des Cantons de l’Est à la colonisation et l'arrivée de nombreux colons britanniques, entre 1827 et 1839, les Abénakis perdent graduellement leurs terres.  Certains s'installent autour du Petit-Lac-Saint-François et du lac Aylmer dans le canton de Coleraine.  Mais ils abandonnent ces terres, au début des années 1880, à cause du développement de l’industrie forestière et des activités minières.

Quelques Abénakis, dont Peter Mountain, restent dans la région d’Inverness, entretenant des liens plus intenses avec les Écossais. Vers 1850, Peter était renommé pour ses talents d’herboriste et de clarinettiste. On croit qu'il aurait été le médecin des familles écossaises. Celui-ci serait vraisemblablement enterré dans le cimetière Boutelles, situé sur le chemin Dublin, tout comme quelques autres Abénakis. Il existerait aussi d’autres lieux de sépultures abénakises dans le canton d’Inverness dont un aux environs des chutes Lysander.

Les chutes Lysander. Plusieurs chutes et cascades perturbent le cours de la rivière Bécancour qui parcourt 125 kilomètres avant de se déverser dans le fleuve Saint-Laurent (Photo Gilles Pelletier).

 

Collection Claire-Marie OBomsawin, Odanak, Québec.

Collection Claire-Marie OBomsawin, Odanak, Québec.

Les premiers arrivants
Le gouvernement avait promis d’octroyer des terres, à Inverness et dans d’autres cantons, à d’anciens soldats loyalistes en paiement de leurs services passés dont la défense de la garnison de Québec en 1775-1776. Des terres sont aussi concédées à quelques miliciens comme paiement pour leur travail lors de la construction du chemin Craig en 1810. Les militaires, qui ont obtenu des terres dans le canton, ne s’y installent pas tous immédiatement ou par la suite. En 1809, des 61 600 acres du canton d’Inverness, il reste 32 000 acres à octroyer.


Les loyalistes

Des loyalistes, des colons américains demeurés fidèles à la Grande-Bretagne pendant la Guerre de l’Indépendance américaine (1774-1783), émigrent au Canada en 1783 ou peu après. D’autres pionniers d’origine américaine, qui cherchent de bonnes terres peu coûteuses, s’établissent dans les Cantons-de-l’Est entre la fin des années 1790 et 1820.
En 1816, Moses Aldrich et son fils Arnold, originaires des États-Unis, s’établissent dans le 2e Rang du canton d’Inverness.  Ils sont considérés comme les véritables premiers colons d’Inverness. Quant à l’Irlandais William Bennet, il arrive en 1819.  John Hasket, un ancien soldat irlandais, et sa femme Jane Collins s’installent aussi à Inverness quatre ans plus tard. En 1824, quelques loyalistes américains, des Anglais et des Irlandais habitent le canton d’Inverness.  La population compte alors environ quatre-vingt-une personnes réparties en seize familles.

Les efforts du gouvernement pour réellement coloniser le canton d’Inverness échouent avant 1825.  Le gouvernement décide ensuite de vendre les terres en lots de cent à deux cents acres. Les officiers et les soldats retraités peuvent encore recevoir des terres gratuites en échange de leurs services, selon leur rang militaire. Les autres peuvent en acheter du commissaire des terres de la Couronne du Bas-Canada (Québec) ou, s’ils n’ont pas l’argent nécessaire, étaler le paiement en payant des intérêts.

Le 3e Rang d’Inverness (Photo MRC de l’Érable).

Les Irlandais
 
Entre 1820 et 1845, 75% des immigrants qui arrivent au port de Québec viennent d’Irlande.  Plusieurs raisons expliquent l'arrivée massive de ces Irlandais à cette époque.  Pour quelques uns, il s’agit des affrontements entre protestants et catholiques.  Mais c’est surtout une grave crise de l'agriculture, due autant à des problèmes climatiques qu’à la conjoncture économique, qui mène la population à la famine et à la misère.  Cette situation  entraîne la migration d’une masse d’Irlandais, surtout des petits fermiers, vers le Canada.  Pendant la seule année 1847, celle de la Grande Famine, quelque 70 000 Irlandais débarquent dans le port de Québec. Ceux qui s’établissent dans le comté de Mégantic viennent surtout d’Ulster (le nord de l’Irlande).

La Grosse-Île ou île de Quarantaine, une île déserte située dans l’estuaire du Saint-Laurent à 46 kilomètres de Québec, est transformée en station de quarantaine en 1832 afin d’éviter une épidémie de choléra.  La majorité des immigrants en provenance d’Irlande et d’Angleterre y sont examinés.

Vers 1830, les premiers immigrants en provenance du nord de l’Irlande s’installent dans les 2e et 3e rangs d’Inverness. Parmi ces immigrants se trouvaient les familles Hogg, Marshall, Henderson, Davidson, Little, Ralston, Wright, Wilson, Belsher, McCarthy et Singleton.  La plupart d’entre eux étaient restés quelques années dans la ville de Québec y travaillant comme artisans avant de déménager à Inverness.


Habitation de la famille O’Malley, d’origine irlandaise (Collection La Route Celtique).

 

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La Population Anglophone

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